Résumé
Chick, Alise, Chloé et Colin passent leur temps à dire des choses rigolotes, à écouter Duke Ellington et à patiner. Dans ce monde où les pianos sont des mélangeurs à cocktails, la réalité semble ne pas avoir de prise. On se marie à l'église comme on va à la fête foraine et on ignore le travail, qui se réduit à une usine monstrueuse faisant tache sur le paysage.
Pied de nez aux conventions romanesques et à la morale commune, L'Ecume des jours est un délice verbal et un festin poétique. Jeux de mots, néologismes, décalages incongrus... Vian surenchérit sans cesse, faisant naître comme un vertige chez le lecteur hébété, qui sourit quand il peut. Mais le véritable malaise vient d'ailleurs : ces adolescents éternels à la sensibilité exacerbée constituent des victimes de choix. L'obsession consumériste de Chick, née d'une idolâtrie frénétique pour un certain Jean-Sol Partre, semble vouloir dire que le bonheur ne saurait durer. En effet, l'asphyxie gagne du terrain, et l'on assiste avec effroi au rétrécissement inexorable des appartements. On en veut presque à Vian d'être aussi lucide et de ne pas s'être contenté d'une expérience ludique sur fond de roman d'amour. --Sana Tang-Léopold Wauters
Mon avis :
Je ne sais pas pourquoi je me suis lancée dans l'aventure de L'écume des Jours. Peut-etre car depuis quelques temps, j'ai en tête la chanson "Je bois", du film
Gainsbourg (vie héroïque), qui met en scène la rencontre entre Gainsbourg et Boris Vian (Philippe Katerine dans le film). Je crois que c'est ça qui m'a donné l'envie d'en savoir plus sur
Vian, à travers ses livres. Ayant dans mes bouquins L'écume des Jours et L'arrache-coeur... Mon choix s'est porté sur le premier, dont on m'avait parlé quelques fois.
J'ai donc entamé ma lecture en ne sachant pas ce qui m'attendait, sans même un résumé en quatrième de couverture pour m'aiguiller. J'ai mis un petit moment à comprendre, à rentrer dans le livre,
plus précisément à m'adapter. Au début du roman, on est dérouté, on ne sait pas trop comment se comporter, comment interpréter ce qu'on lit. Notre esprit concret résiste quelque temps devant les
absurdités poétiques, jusqu'au moment où on lâche prise pour s'abandonner à cette fête du langage que nous offre Boris Vian. Des ordonnances que l'on exécutent à l'aide d'une mini-guillotine, des
pianococktails qui préparent des boissons suivant l'air que l'on interprète...
Mais ce livre ne s'arrête pas là, ce n'est pas seulement une délicieuse gourmandise: sous cette première couche, sucrée et surréaliste à souhait se cache plusieurs autre chose. Une belle histoire
d'amour, soumise à cette fantaisie des mots mais aussi un aspect plus sombre, plus dur.
Ainsi, l'absurdité des mots et des situations permet d'en faire ressortir une autre: l'absurdité de la vie et de ses malheurs.
Ma note : 4/5
J'ai failli mettre le 5, mais je pense qu'avec le recul, d'autres livres m'ont fait une impression plus forte et plus durable. Ceci dit, je pense vraiment que c'est un livre à essayer, à un
moment ou à un autre de sa vie.
Je le conseillerais à... : des gens qui veulent découvrir un roman planant, poétique et déroutant, qui n'est pas dépourvu d'un
fond plus sombre, plus ambigu.
Je le déconseillerais à... : des gens un peu trop "terre-à-terre", qui ont du mal à se détacher dès qu'ils sont face à du
surréalisme, les personnes qui ont du mal à décrocher de la réalité pour se laisser porter par l'absurde.
roman d'amour. --Sana Tang-Léopold Wauters
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